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Œuvres Spécial

Personnages de L'Histoire Haitienne
 

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Depuis mon arrivée au Canada en 1968, j’ai pu, à plusieurs reprises, constater avec tristesse l’incompréhension de certaines personnes face à la situation politico—socio-économique et humanitaire d’Haïti.

Plusieurs, j’en suis sûre, ont essayé avant moi de peindre le portrait de peuple haïtien afin de sensibiliser le monde sur l’histoire riche d’Haïti, sa contribution à l’histoire du monde et aux peuples de race noire.

Malheureusement, on ne parle que des difficultés vécues par les haïtiens depuis plusieurs décennies. On ne décrit que leur misère; mais, Haïti n’a pas toujours été un pays misérable.

PRÉSENTATION ET DESCRIPTION DE L’EXPOSITION

L’objectif de cette exposition est de commémorer l’anniversaire de l’indépendance d’Haïti, à l’occasion de son bicentenaire et partager avec les Ontariens, quelques bribes d’information sur l’histoire du peuple haïtien. C’est une célébration de mes racines et l’expression de mon admiration pour nos héros qui ont ouvert la voie de la liberté dans notre pays.

Tenir l’exposition durant le mois de l’histoire des noirs, est aussi une façon de souligner la contribution, au Canada et ailleurs, des ressortissants du peuple noir des Caraïbes, d’Afrique, du Canada, des États-unis ou d’autres pays. Dans un tel contexte, l’exposition prend une importance encore plus grande, d’autant plus qu’Haïti est la première république noire de l’Amérique (1804) et le deuxième pays indépendant du continent américain, après les États-unis.

J'en profite pour mettre en exergue les éléments prépondérants de la culture populaire, les chants et les contes.

Par exemple, un des tableaux de l’exposition, intitulé “la cérémonie du bois Caïman” explique comment cette cérémonie avait empêché la traîtrise d’un groupe d’esclave lors du soulèvement en août 1791; cette cérémonie n’est pas la seule cause qui débutât la révolte de toutes les classes de la société et la recherche de la liberté par les affranchis qui militaient en France. Parmi ces pionniers nous citerons Vincent Ogé, (voir figure 1), Jean Baptiste Chavannes, Julien Raymond et j’en passe. La déclaration des droits de l’homme a commencé avec les multiples décrets que ces hommes négociaient en France en faveur de la colonie de Saint-Domingue avant la révolution Française et maintenant Haïti.

Ogé et Chavannes avaient fondé la Société Des Amis Des Noirs à Paris. Ils ont combattu aux périls de leur vie, quand ils soulevèrent les ateliers en octobre1790. Après leur défaite et un procès à huis clos, ils furent condamnés au supplice de la roue.

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Figure 1. Vincent Oge
BREFS RAPPEL DE CERTAINS FAITS HISTORIQUES

L’union fait la force, notre devise Nationale, a commencé avec les ralliements de Toussaint Louverture (voir figure 2), mais elle a été vraiment réalisée quand les noirs libres, mulâtres et les esclaves se sont unis contre l’expédition de Napoléon Bonaparte composée de 22,000 hommes et 86 vaisseaux.

Cette expédition était commandée par son beau frère, le général Leclerc qui débarqua avec sa femme Joséphine, sœur de Bonaparte. Ce dernier mourut de la fièvre jaune et là encore, certaines gens ont tendance à minimiser les faits d’armes en disant que le climat du pays et les moustiques porteurs de maladie désavantageaient les forces ennemies. Ce qui est loin d’être vrai, car les noirs mouraient aussi quand il y avait une épidémie. Ils étaient aux abois, mal nourris et sans logis.

Néanmoins, tous les ralliements organisés par Toussaint Louverture pour faire reculer les espagnols ainsi que les anglais en 1793, prouvent que Toussaint Louverture était un grand général.

En 1797, après avoir sauvé la colonie pour la France, il fut nommé général de division et devint le plus haut gradé de l’armée après le commandant Laveau.

Qui étaient ses lieutenants ?

Dessalines, Charles Bélair, Henri Christophe—tous ces hommes avaient fait leur service militaire avec lui. Plus tard, devenu gouverneur général, le français Delatte, dans ses mémoires, écrivit que le 26 octobre 1798, Toussaint se laissa emporter et dit : “Je ne veux pas faire la guerre à la France, mais si elle m’attaque, je me défendrai…”

Et, c’est bien ce qu’avaient fait ces généraux après sa déportation à l’arrivée de l’expédition Française. Christophe mettant le feu a son palais, déclare : “Vous n’entrerez dans la ville du Cap que lorsqu’elle sera réduite en cendres, et même sur ces cendres, je vous combattrai encore.”

Toussaint a gouverné Saint-Domingue avec la participation de tous les groupes ethniques. Il avait promulgué une constitution qui comptait 77 articles et déclarait l’abolition inconditionnelle de l’esclavage ainsi que l’égalité de tous devant la loi. Savait-il, ce génie, que les anglais des États-Unis ne donnerait la liberté aux noirs (qu’en partie) qu’un demi-siècle plus tard en 1856 ?

Trahi, il fut déporté au fort de Joux dans la montagne de Jura, en France, ou il écrivit : “En me renversant, vous n’avez abattu à Saint-Domingue que le tronc de l’arbre de la liberté des noirs. Il repoussera par les racines parce qu’elles sont profondes, vivaces et nombreuses.” Il mourut le 7 avril 1803.

Jean Jacques Dessalines déclara Saint-Domingue indépendant le premier janvier 1804 après 15 années d’insurrections et de combats continuels, d’abord contre les anglais et les espagnols et par la suite, contre la France.

Boisrond Tonnerre fut chargé de rédiger l’acte de l’indépendance. Les cérémonies se déroulèrent aux Gonaives le 1er janvier 1804. Malheureusement, les États-unis et d’autres pays comme la Grande Bretagne n’ont pas voulu reconnaître notre indépendance.

Afin de reconnaître l’indépendance de notre pays, on nous a imposé une indemnisation des colons représentant une somme d’environ $5,000.000 (cette dette envers la France, ne sera payée totalement qu’en 1938).

En 1915, les États-Unis envahirent Haïti, s’emparant de Port au Prince, répriment le mouvement insurrectionnel et instaurant un protectorat de fait qu’ils étendirent un an plus tard à la république Dominicaine. Les dirigeants américains imposèrent avec force leur domination aux travers d’un emprunt d’État qui se révéla aussi profitable pour les États-unis qu’il fut ruineux pour l’île d’Haïti. L’influence américaine persista longtemps après le départ des dernières troupes en 1934.

Depuis lors, selon mon opinion, nous n’avons eu que des élections frauduleuses, à quelques exceptions près; l’armée qu’ils ont formée pour matraquer le peuple, ainsi que la division des classes sociales ont laissé des séquelles presqu’ irréparables. Une autre forme, la dévalorisation économique des classes sociales, qui a donné raison à Duvalier pour éliminer les mulâtres et l’élite. Je ne parle pas du Président Aristide, il est parti sur les brises de Duvalier.

L’ère duvaliériste (soutenue par les américains) paracheva une histoire haïtienne douloureuse. En 1957, François Duvalier alias « Papa Doc », à la tête d’une importante secte vaudoue, s’attela à liquider toute trace démocratique au sein de la vie politique. Exploitant les vieilles rancoeurs des masses populaires à l’égard des notables mulâtres tout en appuyant sur un régime de terreur, il se proclama « président à vie », multipliant les meurtres politiques, persécutant les mulâtres au nom de la négritude.

Duvalier fut l’initiateur d’une dictature poursuivie plus tard par son fils qui consacra l’effondrement économique du pays et par le fait même, l’exode massif des professionnels et des cadres du pays particulièrement vers les États-Unis et le Canada dans les années 1950 et 1960.

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Figure 2. Toussaint Louverture
Conclusion

Aujourd’hui, les américains supporte le gouvernement du Président Aristide. Il s’est enrichi, a oppressé le peuple, tué les étudiants, et on l’a laissé faire.

Haïti n’a plus d’Or, et malheureusement, n’a pas de pétrole ou ressources naturelles tant recherché. Il n’offre donc aucun intérêt matériel à notre puissant voisin, qui semble l’ignorer complètement.

Malgré…le peuple Haïtien ainsi que la diaspora Haïtienne conserve l’espoir de meilleurs jours à venir, où le souvenir des ralliements organisés par Toussaint Louverture dans les années 1700 les unira encore; peut-être sur une autre forme, mais dans le but de redonner au pays ainsi qu'au peuple, son indépendance et sa fierté.

N’oublions pas notre Devise, L’Union fait la Force

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